Playing is not playing | Vincent Cespedes | TEDxISTEC

Playing is not playing | Vincent Cespedes | TEDxISTEC


Traducteur: Léa Pigeau
Relecteur: eric vautier Oui, je n’habite pas loin. C’était rapide et c’était savoureux parce que j’ai assisté
à cette magnifique journée. Merci pour ce rôle très délicat
de conclure, de clôturer cette journée très intense sur le jeu et d’apporter un peu
ma petite pierre à l’édifice. Les points communs dans tout ça ? Quelle conclusion tirer
de ces expériences variées, entrepreneuriales, des expériences dans le domaine
de la science, de la recherche… Quel est le point commun ? Pourrait-on arriver
à une définition du jeu ? Vous savez que les théoriciens
de tout poil essaient d’arriver
à ce Graal suprême intellectuel : une définition correcte du jeu. Huizinga, Roger Caillois,
beaucoup se sont essayés. Parfois, leurs écrits font date mais à chaque fois,
ils sont contredits. Comme si le jeu
était cette puissance qui résistait à la définition,
à la mise en case. Comme si le jeu jouait avec le Petit Robert
ou le Larousse. Comme si le jeu était la puissance même
du langage. Et si le jeu devait se résumer
à des jeux de langage, à des jeux d’humour, à des jeux
de transformation continuelle ? Un peu comme
dans le creuset de l’alchimiste, la matière n’est jamais
une et uniforme, toujours en déplacement, toujours en mouvement. Et si nous étions
des alchimies vivantes ? Toujours en translation. Jamais assignables
à une identité précise. Toujours en mélange. Alors, les points communs
que j’ai pu détecter, il y en a deux fondamentaux. D’abord, on a bien vu aujourd’hui que le jeu est toujours
sur le mode de l’invitation. On vous a invités à jouer à plusieurs jeux ou à reconsidérer
les jeux auxquels vous jouiez sans vous en rendre compte
véritablement. Il y a cette puissance d’hospitalité
dans le jeu. « Viens, ça va être bon. »
« Viens jouer avec moi. » Parfois, il faut convaincre
les plus récalcitrants, ceux qui ont un balai dans le…
Enfin, qui sont un peu rigides, quoi. Mais il faut les convaincre,
il faut les inciter. Invitation à quoi, le jeu ?
Invitation à quoi ? Invitation profonde
à toucher ses limites. Sentir lorsqu’on est nul. Finalement, le jeu nous invite
à découvrir notre seuil de lose. Notre seuil où finalement
on perd les pédales. On n’arrive plus à assurer.
Ou on est démobilisé, que ce soit au poker,
où la « poker face » n’arrive plus à prendre
et on transpire à grosses gouttes ou que ce soit des jeux
plus ou moins risqués où on s’écrase lamentablement
sur une falaise ou une piste enneigée. Invitation à toucher nos limites. Combien d’entre vous
tutoient leurs propres limites ? Alors, c’est à la mode de dire
« Va au bout de tes limites », « Connais-toi toi-même »,
« Connais tes limites ». Mais le jeu, c’est pas simplement
du déclaratif, c’est pas simplement
du déclamatoire, c’est « vas-y, mets le doigt dessus,
ton corps dessus, expérimente et ne te contente pas
de les penser, tes propres limites. » Voilà le premier point,
me semble-t-il. Le deuxième point qu’on a vu
tout au long de cette journée, est encore plus excitant. D’ailleurs,
il a été question de plaisir, de gourmandise, d’excitation,
à parler du jeu. Un jeu sans une puissance d’allégresse, de félicité, de bonheur, de frisson, de « thrill », on dit en anglais, pour le joueur, il est accro à quoi
le joueur, au « thrill », au frisson, et il veut le revivre. Eh bien, un jeu qui n’aurait pas tout ça ne serait pas véritablement ludique. Combien de jeux, aujourd’hui,
prennent l’apparence ouverte d’un jeu et en fait
ne sont pas des jeux mais des moyens de sélection,
de recrutement et de pression,
de manipulation ? Ne sommes-nous pas aujourd’hui,
politiquement parlant, dans une ère
qui prend la manipulation sous les aspects rieurs
et hilares du jeu ? « Ce n’est qu’un jeu,
tu vas être viré et je vais te le dire avec du coaching,
du jus d’orange et du yoga. » Alors, méfions-nous
de la puissance néfaste du jeu, il est important
de devoir conclure sur ça. Nous ne voulons pas tomber
dans une société Matrix où la vie ne serait plus
qu’un scénario de jeu vidéo et nous serions tous dans des boîtes,
à donner de l’énergie à la machine, même si on nous a dit
que ce mythe de la singularité était un mythe, justement,
et que l’homme va plutôt s’hybrider avec la machine plutôt que de disparaître
sous son joug. Il y a dans le jeu,
et c’est ça qui est le plus excitant, une incitation et pas simplement
une invitation. Cette incitation, c’est l’incitation,
non seulement invitation à toucher nos limites,
mais incitation à les dépasser. Dans tout jeu,
et si on doit forger ensemble, je vais essayer de faire ça
avec vous, forger une définition du jeu
qui tiendrait quelques semaines parce qu’elle va être balayée,
vous pouvez être sûr, par un prochain TEDx
ou un prochain livre sur le jeu, une définition
qui dure un peu. Il faut penser le jeu
dans cette double articulation. Invitation à toucher tes limites
et incitation à les dépasser. D’abord, je vois comment je suis limité
dans ma liberté, dans mes ghettos mentaux,
dans mes restrictions identitaires. Oui, je suis limité.
Oui, c’est moi. Oui, j’ai les boules quand je perds.
Oui, je perds souvent. Oui, j’aimerais mieux jouer,
j’aimerais progresser, m’améliorer. Mais, le jeu aussi, m’incite,
à chaque nouvelle partie, à essayer de faire mieux
que la partie précédente. En ce sens, il y a une puissance
d’entraînement, d’exercice et je dirais, de perfectionnement. Alors, perfectionnement à quoi ? Dépasser ses limites ?
Oui, mais pourquoi ? Et c’est ce qu’on va essayer
de voir ensemble. Je vous parle un tout petit peu
de moi : le jeu, c’est ma grande histoire d’amour,
l’histoire d’amour de ma vie. Je crois que je suis né dans un jeu,
je suis né en 1973, c’est-à-dire entre Pong, le jeu d’Atari sorti en 1972,
vous connaissez, j’étais un des premiers à y jouer,
et entre Donjons et Dragons, le jeu de rôles qui se tient,
Heroic Fantasy, en 1974, je suis né en 1973.
Et j’ai goûté au jeu vidéo, dans toute son aventure,
dans toute sa saga et aux jeux de rôles
qui m’ont vraiment passionné. Je me vois encore en classe
de 4ème et de 3ème, évidemment maître du jeu, quand même « control freak »
un tout petit peu, à inventer, en cour de récréation,
des univers incroyables, à faire jouer mes camarades de classe, et ce qui est très intéressant,
ce qu’on n’a pas assez noté, c’est que la cour de récréation
qui suivait nos aventures, on était sur un banc
et on passait des heures à jouer, se divisait finalement,
entre ceux qui voulaient jouer, des joueurs qui voulaient non seulement
être invités à dépasser leurs limites mais vraiment incités à… invités à toucher leurs limites
et incités à les dépasser et puis des spectateurs. Depuis la seconde moitié
du vingtième siècle, le jeu s’est dédoublé. Le jeu qui était très mal vu,
au temps de la Révolution, dans les Lumières, ce n’était pas sérieux,
il fallait glorifier la raison. Le jeu, c’était le vice, la dépravation, parce qu’il y a ce frisson, ce plaisir,
cette gourmandise dont on a vu
qu’elle peut être addictive. Après la seconde partie
du vingtième siècle, le jeu a produit les spectateurs de jeu,
notamment avec la télévision. Et, on a vu, véritablement,
des gens qui prenaient autant de plaisir à suivre un jeu sans y jouer
qu’à y jouer eux-mêmes. On le voit notamment
avec le terrain du sport. Alors, ce qui est intéressant,
c’est que cette expérience de spectateur me pose la question :
« Qu’est-ce que les spectateurs peuvent trouver à suivre un jeu,
mais de façon haletante, un peu comme on suit
un épisode ou un film ? » Précisément, il y a toujours
un jeu d’imitation qui se fait lorsque le spectateur de jeu
prend du plaisir à suivre le jeu. « Et si j’étais à sa place,
je ferais quoi ? » Quand il s’agit d’athlètes de haut niveau,
c’est gratifiant narcissiquement de jouer ce jeu d’imitation :
« Si j’étais ce grand boxeur, j’aurais fait autrement. » Quand on regarde un match de foot,
on passe son temps à gueuler sur les joueurs :
« Tu fais n’importe quoi », alors que si on avait la balle
face à eux, je pense qu’on n’en mènerait pas large. Et donc il est toujours fascinant de voir que, dans tout spectacle de jeu,
il est question d’une identification. Un peu, et même peut-être plus fort
que dans le théâtre, cette catharsis dont nous parle Aristote, la purgation des passions, « Je vais au bout
des sentiments forts qui m’animent », la petite colère devient de la haine, le petit béguin
devient de l’amour passion, le jeu exacerbe mes grands sentiments. Et dans des vies qui ont tendance
à devenir parfois rikikis, des vies Ikea-isées, prêtes à vivre,
prêtes à penser. Des amours en kit,
dans des vies standardisées où on cherche à sur-adapter
la jeunesse à un monde plutôt qu’à remettre en question
ce monde. Eh bien, on voit bien la puissance séditieuse,
pour le coup, du jeu. Le jeu nous incite toujours
à nous agrandir. Et qu’est-ce qui s’agrandit en nous ? Notre sentiment de liberté,
voire notre liberté elle-même. Je vais vous parler
de mes expériences. J’ai donc grandi avec le jeu, j’ai fait de la philosophie
comme un grand jeu et j’ai développé
le premier jeu philosophique, authentiquement philosophique, puisqu’il s’agissait de donner
la puissance philosophante au joueur. Ça s’appelle effectivement
le Jeu du Phénix. L’apparence de ce jeu, ça ressemble à un jeu de tarot, et je n’ai pas arrêté de dire,
on a eu de belles pages, notamment dans Libération,
une double page, « Philosopher est-il jouer ? » La réponse était « Oui, peut-être », et ça portait peut-être au scandale. Et on a expérimenté ce jeu de tarot en disant : « Pas besoin
d’hypothèses mystiques, fions-nous au hasard,
assumons le hasard. » Le problème avec ce jeu,
c’est que beaucoup de mystiques se sont emparés du jeu en disant
qu’il y avait des puissances occultes
dans ce jeu. Ce n’est pas la théorie
que j’ai toujours défendue, le hasard seul suffit. C’est le mot d’un philosophe espagnol
que j’apprécie, Miguel de Unamuno ; en 1912,
il a écrit un article sur le jeu d’échecs, c’était un passionné
de cocottes en papier, il a fait un traité de cocottologie, vous voyez le niveau du mec. Et donc, il écrit en 1912
sur le jeu d’échecs et il dit :
« Finalement, l’art suprême, et le jeu d’échecs
ne remplit pas cette fonction, l’art suprême
c’est de pouvoir charmer le hasard, être maître du hasard,
profiter du hasard. » C’est l’art suprême humain
et c’est par le jeu qu’on arrive à s’entraîner,
à pouvoir être maître du hasard. Je vous montre un peu
ce Jeu du Phénix, si ça s’affiche. Voilà, alors vous avez
un système de cartes et l’idée, c’est que personne
ne vous tire les cartes, c’est que vous les tirez vous-même. Et donc vous êtes vous-même en position, dans l’espace du jeu,
c’est-à-dire dix minutes de partie, de pouvoir tirer des cartes
et le but du jeu, c’est de faire comme si c’était vrai
parce qu’évidemment ce n’est pas vrai, on assume la part de hasard. Le jeu dit strictement n’importe quoi, vous êtes d’accord,
et il est bien foutu, il répond toujours
de façon intéressante. Donc vous posez
n’importe quelle question, question existentielle,
question d’ordre pratique, question vraiment…
le mec de ma copine de ma sœur, etc. Ou « Qu’est-ce que la liberté ? », « Sommes-nous libres ? »,
« Quel est mon destin ? ». Et le jeu va répondre
de façon très précise car, chose intéressante,
plus on cherche à éviter la case « gourou et mysticisme », plus on peut permettre au jeu
à être précis. Si vous voulez avoir toujours raison,
en diseuse de bonne aventure, vous devez avoir des cartes très floues,
qui disent tout et son contraire, « la lame 13 c’est la mort,
c’est la vie, … ». Là, on assume le fait
qu’on a le droit de se planter en tirant les cartes.
Du coup, elles sont très précises. Et l’impact et la leçon
que j’en retire après cinq ans d’expérimentation de ce jeu, à Bamako, à Hanoï, en Californie,
partout dans le monde, la grande conclusion que j’en tire, c’est que les gens ne peuvent pas
s’empêcher d’évacuer la question du hasard et de remettre leur propre religiosité,
leur propre mysticisme. Et donc c’est un jeu proprement laïque
dans sa définition suprême. Il n’impose pas un dogme
mais les gens viennent avec le leur et c’est l’occasion d’en parler,
d’y réfléchir, voire peut-être de les amender,
ce qui est le sens de la philosophie. Voilà pour le Jeu du Phénix
et je vais vous présenter maintenant un autre jeu, le premier jeu de rôles
en vidéo live que j’ai mis en place l’année dernière et que je mets en place cette année,
la saison 2, on parle presque en saisons, commencera le 22 mars 2017 à 21 h,
heure française. C’est Primate Joke,
je vous laisse découvrir alors un jeu de rôles, vous avez vu,
ce matin, enfin en début d’après-midi, on en a parlé, on vous a dit que c’est
six, huit joueurs, là on a atteint cinquante joueurs
dont vingt-trois en simultané. Donc je devais, en tant que maître du jeu, j’ai peut-être l’air un peu fou là mais vraiment ouais,
je suis un maître du jeu donc hein, je suis dans le truc,
je suis dans le jeu, je suis dans le groove.
On y va. Je vous laisse découvrir l’ambiance. Alors, dois-je appuyer encore ? J’appuie encore ? Ah faut passer tous les slides. Je peux continuer
pendant que ça passe. Je savais pas
qu’il y en avait autant, dites-moi. La question évidemment
qu’on découvre avec le Jeu du Phénix, c’est que les gens
n’ont pas de question. Les gens ont toujours les mêmes questions. Et la chose incroyable,
c’est qu’on commence la partie en disant : « C’est quoi, ta question ?
Raconte-la moi. » Et en fait, plus on joue au jeu,
plus on a envie d’avoir des questions… innovantes,
des questions sur sa propre vie. C’est tout un art
de développer ces questions. Allons-y pour le premier jeu de rôles
en vidéo live. Allons-y, allons-y, on se connecte. On est trois joueurs
et on sait tous jouer hein. Je crois, Valérie, tu sais jouer ?
Rassure-moi. Je crois que tu sais jouer
puisque tu es même… tu as même joué
la dernière fois avec nous, si je me souviens bien,
et tu es référencée ici avec deux points d’expérience.
Donc c’est parfait. Alors comment ça se passe ?
Bah je suis ultra-connecté, je vous ai parlé du néoscope,
le néoscope ce sont ces lunettes apparemment toutes simples
mais évidemment, dès que je les mets, je suis connecté à 2 114… Nous avons un orang-outan barbie
qui n’est pas utilisé. Lullaby, ok je prends le tour de Lullaby. On arrête tout,
c’est au tour de Lullaby. Elle est connectée à toi,
tu me donnes une instruction sous Scarlet
et elle va agir. Excellent Arthur,
tu gagnes un point d’expérience. C’est génial la chaîne humaine,
j’adore, un point d’expérience Arthur, bien joué. C’est trop rigolo ce que tu dis,
un point joke, c’est génial comme répartie,
pour un scénario, Malika, c’est extraordinaire.
Malika qui dit… « Qui me pilote ? »
« Une incroyable humanoïde. » Génial ! Géniale phrase,
likez-la. Ouais, tu vois mais c’est intéressant
ce qui s’est passé Lullaby, je pense que tu as été surprise
parce qu’à un moment, c’est monté en flèche et ça montre quelque chose
de l’être humain. Ce qui est fort,
c’est qu’on retrouve un truc qu’on savait depuis l’enfance mais qu’on oublie, on retrouve la puissance
de l’imagination. On n’a pas besoin de jeux vidéo. Quand je vous décrit le truc
et qu’on est évidemment dans une sorte de transe collective,
c’est de la magie hein, on est dans une transe collective
et quand je vous dis qu’il y a des nénuphars en verre, etc.
Vous y êtes, quoi. Voilà, voilà pour la présentation. Alors, on pilote des singes dans le futur,
vous avez compris, une technologie du futur, en 2017, nous permet de piloter, via internet, des singes existants,
l’humanité est contrôlée par des singes, je vous passe…
vous pourrez aller voir le jeu. Ce qui est passionnant,
et j’en tire des conclusions ici, c’est ça qui est intéressant
dans un bilan rétrospectif, c’est que, pareil, on n’ose pas.
On n’ose pas. Le jeu a développé la capacité
d’audace et de bravoure dans des décisions…
surtout avec des joueurs qui ne savaient pas
ce qu’était un jeu de rôles, qui ont découvert qu’en fait,
dans l’imaginaire, on peut être bloqué.
Et même lorsque le monde est fictionnel, on peut avoir peur
de prendre des décisions qui impactent la narration.
C’est peut-être ça, le jeu. Impacter une narration
et construire un récit. Alors, je vais vous livrer
une définition du jeu qui va durer le temps qu’elle dure et peut-être qui va être féconde,
je l’espère, avec vous. Voilà comment je définirais le jeu : le jeu, jouer, qu’est-ce que c’est ?
C’est « optimiser savoureusement, bien sûr, tous les mots comptent, optimiser savoureusement
ses habitudes décisionnelles pour accroître sa liberté
dans un champ donné. » Je vous explique
parce que ça a l’air très compliqué, en fait c’est limpide,
j’espère que ça va être limpide pour vous. Optimiser : on s’améliore dans le jeu, le progrès fait partie du jeu. Plus vous jouez,
plus vous allez progresser, que ce soit à Tetris,
dans un jeu vidéo ou au football. Optimiser savoureusement :
imaginez dans l’Éducation Nationale si on avait des professeurs
qui commençaient à être des maîtres du jeu au sens de jeu de rôles,
ça changerait la donne puisque ça réinviterait la passion
sur la table de l’éducation, alors que pour lors,
l’éducation consiste, en général, à dépassionner les élèves
pour les adapter au monde contemporain. Optimiser savoureusement
ses habitudes décisionnelles : dans le jeu, je fais des choix.
C’est ça qui est excitant. Et, ces choix
deviennent comme des réflexes et ce n’est pas pour rien
que les animaux jouent et aprennent à travers le jeu. La nature a fait du jeu
l’instrument de l’apprentissage, Il s’agit de développer
des réflexes nouveaux. Et puis, pour accroître sa liberté
dans un champ donné : alors le champ du jeu,
ça peut être le champ de la volonté, si c’est des jeux qui vous demandent
des réflexes, le champ de la stratégie,
le champ de la bravoure, si c’est des jeux de cape et d’épée. Et puis si vous enlevez de la phrase
« dans un champ donné », « optimiser savoureusement
ses habitudes décisionnelles pour accroître sa liberté » point,
ça s’appelle « la philosophie ». Juste un petit point pour finir,
voici un… vous savez, ces « Que sais-je ? »,
une encyclopédie, hein, en plusieurs volumes,
tout le monde en a lu dans sa vie, et dans ce petit « Que sais-je ? »,
on a, sur les jeux d’entreprise, on a cette magnifique phrase
évoquant les Serious Games d’aujourd’hui : « l’objet de ce petit ouvrage
est de présenter au grand public cette nouvelle méthode d’investigation, d’enseignement et de perfectionnement
des cadres de l’industrie et du commerce par le jeu. »
1969, rien n’est nouveau. On n’invente rien, le jeu est la découverte
de toutes les périodes émancipatrices lorsqu’il s’agit de développer
notre liberté de façon savoureuse. Je vous remercie. (Applaudissements)

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